Les 25 et 27 août, je poserai mes valises au Théâtre Le Public, avec une lecture-spectacle où je joue avec nos certitudes comme on jongle avec des allumettes : entre rires et brûlures. J’y explore nos identités multiples, nos fidélités absurdes et notre sport national : le déni. Car à force de ne rien vouloir voir, on finit par ne plus rien comprendre.
Je suis né fils d’un tirailleur marocain et devenu un tiraillé belge. Chez moi, les repas de famille ressemblaient à des sommets de l’OTAN : beaucoup de bruit, peu d’écoute, et des assiettes en guise d’arguments. J’ai grandi dans ce bouillon identitaire, ce laboratoire de l’humanité où se fabriquent les haines, mais aussi les réconciliations.
Aujourd’hui, chacun brandit son identité comme une carte de fidélité. Certains cumulent les points, d’autres les dogmes. Mais la fidélité à soi-même ? Rarissime. Presque subversive.
Je ne prêche rien. J’explore, je doute, je m’amuse de nos extrêmes, parce qu’ils ne supportent pas qu’on se marre. Je parle d’antisémitisme, de racisme, de religion, de politique, de mon amour de la langue française et de tout ce qui brûle, sans jamais éteindre la lumière.
« L’Éloge de l’Impureté », c’est ma façon de démonter les clichés comme on désamorce une bombe : à mains nues et avec des mots. Et puis, il faut bien le reconnaître : rien n’est jamais tout à fait pur, en dehors peut-être de la connerie, elle ne se dilue jamais. Mais face à ce concentré de pure bêtise, il nous reste encore quelques armes de construction massive : la parole, le rire, et ce fragile lien qui fait de nous des humains.
Alors, venez rire avant qu’il ne soit trop tard.
Car si « le rire désarme, l’indignation rallume le feu », moi, j’essaie de faire les deux à la fois.

